• Le processus de création de « Nelly et Simon : Mission Yéti »

    vendredi 30 octobre 2015

     

     

    Article rédigé par Sophie Bernard

    Les journalistes sont très rarement invités à visiter un plateau d’un film d’animation, généralement, le distributeur enverra simplement une capsule. Cette fois, profitant du Cartoon Connection, quelques journalistes ont pu découvrir les premières images du film d’animation «Nelly et Simon: Mission Yéti», scénarisé par Pierre Greco et André Morency, réalisé par Pierre Greco et Nancy Florence Savard, une Production 10 Ave distribuée par Les Films Séville / eOne. Contrairement à un film classique, le tournage d’un film d’animation prend beaucoup plus de temps, deux ans, voire plus, et de main-d’oeuvre. Dans la plus pure tradition de la boîte de production, une vaste recherche a été faite en préproduction. Réunis autour des deux réalisateurs, nous avons aussi rencontré Philippe Arseneau Bussières, directeur artistique, et Steven Majory, directeur de l’animation chez Volta.

    «Mission Yéti» se déroule en 1955, à Québec et dans l’Himalaya, où l’équipe est allée faire des repérages l’été dernier. Simon, un anthropologue estime que, entre le singe et l’homme, il y a nécessairement eu le yéti. Accompagné de Nelly, une apprentie alpiniste, pilote, ou «apprentie toute», selon l’expression de Pierre Greco, il part au Népal, sur les traces de Edmund Hillary et son sherpa Tensing Norgay, les premiers hommes à gravir l’Everest. Un voyage de trois mois qui les emmènera dans diverses aventures. Pour le personnage de Nelly, le réalisateur s’est inspiré de Katharine Hepburn dans des films comme «African Queen», mais aussi d’une amie de sa famille. «J’ai pensé aux explorateurs George Mallory et Andrew Irvine, qui ont disparu en 1924 pendant une ascension et dont on ne sait toujours pas s’ils sont arrivés au sommet, mais aussi à Hillary, qui avait dit que l’Himalaya devenait la plus haute poubelle du monde», explique Pierre Greco.

    Philippe Arseneau Bussières connaît la méthode Productions 10e Ave pour avoir travaillé sur «La légende de Sarila». Au début d’un projet, explique-t-il, il dessine beaucoup d’images, afin de trouver les personnages imaginés par les scénaristes, la palette de couleur et le type d’histoire (comique ou dramatique?). Il s’est promené dans le Vieux-Québec, pour s’inspirer de ses maisons. «Je savais ce que je voulais, mais je voulais trouver le meilleur point de vue, note-t-il. Au départ, il n’est pas nécessaire d’aller très loin dans le rendu.» «La beauté de Philippe est que chaque film soit une oeuvre d’artiste, il possède un trait très particulier et une palette de couleur, précise Nancy Florence Savart. Il travaille de façon à ce qu’on ne sente pas la machine. L’ordinateur devient à notre service et non l’inverse. Chaque lieu demande une précision et une recherche pour finalement trouver la palette visuelle.» Une fois cette étape terminée, le projet part chez Volta, entre les mains de Steven Majory et son équipe. Ensuite commencent le modelage, puis le squelettage (rigging).

    «Nelly et Simon: Mission Yéti» comptera une soixantaine de personnages, dont 30 plus précis, créés à partir d’un squelette. Comme l’explique la productrice, chaque personnage défini coûte de 35 000 à 45 000$. Il faut donc paramétrer le nombre de personnages, de décors et d’accessoires. «Tout se trouve dans les détails, par exemple, pour une scène dans une barque, il fallait voir si trois personnes pouvaient y prendre place, souligne-t-elle. D’autant plus que Philippe ne voulait pas d’un bateau qu’on ait déjà vu.» Par contre, Nancy Florence Savard tenait absolument à avoir un oiseau actif, elle s’est battue pour Jasmin, le mainate (sorte d’oiseau capable d’imiter la voix humaine). Pour donner vie à cet oiseau, le directeur artistique a travaillé avec de la pâte à modeler. «À partir de là, nous avons pu interpréter la forme du mainate», ajoute Steven Majory.

    Jusqu’aux Fêtes, l’équipe continuera de créer les personnages, les lieux et les décors. Ensuite, les séquences seront mises bout à bout, donnant une bonne idée de ce que le film sera. Au mois de mars, l’animation débutera. Il n’a pas été possible de voir les deux héros du film, car ils ne sont pas encore complétés. Le budget tourne autour de 5 à 6 millions$. Le distributeur n’a pas encore décidé de la date de sortie de «Nelly et Simon: Mission Yéti», regardant la fenêtre de décembre 2017 et Pâques 2018. «Nous devons livrer au distributeur international fin 2017 pour la ronde internationale avant la sortie canadienne», commente la productrice, qui souligne que le cinéma d’animation d’ici s’avère une belle carte postale pour le Québec. Ainsi, «Le Coq de St-Victor» a été vendu dans plus de 43 pays, avec tout ce que cela comprend en campagne de promotion de la part des distributeurs, et sur plusieurs plateformes.

    http://www.qfq.com/recherche&srch=mission&srch=yeti&region=Canada&pos=2

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